12 ans de témoignages :
Ils vous parlent de leur expérience pendant un stage de danse soufie

Dessin de Gaëla Galasso, Bruxelles

12 ans déjà que je transmets cette danse, et je désire donner aujourd’hui la parole aux stagiaires qui m’ont offert leurs témoignages après avoir suivi un de mes stages de danse soufie.

Et même si parfois il semble être difficile d’exprimer, ils ont su partager leur vécu, et je me sens de vous offrir ces témoignages collectés.
Gratitude à vous tous qui avez su donner vos mots !
Et bienvenue à d’autres témoignages et à ceux que j’ai laissé se perdre dans l’instant, je les rajouterais volontiers à cet article.

La danse derviche

« Une rencontre avec le bien-aimé Une étreinte d’amour et de douceur
Envers soi, envers l’autre Envers ce qui nous dépasse
C’est l’inspire qui ancre à la terre C’est l’expire qui élève au ciel
La dualité exprimée dans les pas
Le poids du corps à gauche Le détachement à droite
Le roseau bercé par le vent
L’impulsion des hanches à droite L’envol des épaules à gauche
Le triangle d’un amour naissant
Un baiser Un éloignement Des retrouvailles
C’est l’apparition de la grâce
Les bras formant la spirale Le corps s’abandonnant
Dans le vortex de l’amour inconditionnel »

Gaëla Galasso, 14/11/2025

"Danser, tourner, danser et tourner, le corps se libère, s'allège, s'étend.

La terre qui soutient, le ciel qui nous touche et les bras qui s’offrent à l’univers, les couleurs s’unissent et s’animent, reflétant les beautés du monde, l’accord du haut et du bas, du dedans et du dehors, du moi et des autres, tout à l’unisson des mouvements et des sons.
Le coeur bat, les pieds tapent, le souffle se rythme. Les voix me portent.
Je suis une et multiple, infinie, grande et forte, savourant l’instant de l’éternité. Je suis parcelle merveilleuse de l’univers. Je suis vivante.
Merci à tous d’avoir permis que j’approche ces sensations, cette expérience, cette béatitude. Je la sens encore en moi et je veux la garder présente et tangible.
Je garde fort le lien que nous avons crée ensemble. Je vous souhaite bonne route sur votre chemin d’humanité.
Je sais qu’il m’arrivera encore de douter, de retomber dans l’eau trouble de mes noirceurs, mais je conserve ces pépites récoltées avec vous pour me soutenir et m’éclairer dans ma nuit.
Si votre chemin vous amène par chez moi, vous êtes bienvenus pour y faire une halte. Je vous embrasse. »

Françoise B, 30/07/2015

« Le coeur léger et joyeux

je danse comme une flamme
le coeur léger et libéré
je danse sur ma terre
Tambour rythmé de mes pieds
le coeur léger et libéré
je danse mon bien-aimé
comme l’oiseau dans le vent
le coeur léger et libéré
je danse portée par les vagues
portée par l’amour
portée par la vie…

Retour à la Source ! »

Annick , le 12 juillet 2022

"Un mot aujourd'hui, pour dire mon ressenti, dans mon corps avec cette danse je t'ai parlé de joie lors de mon passage, et aujourd'hui je dirai appartenance, tout est mouvement, la respiration le flux sanguins, le cycle des femmes, la gestation les marées le cycle de la vie de la mort les arbres les fleurs les animaux ...je te livre cela. Voilà ce que cette danse et sa musique m'ont permis de ressentir c est très precieux d'où la joie peut être de faire parti de ce mouvement éternel.."

Dessin de Gaëla Galasso, Bruxelles

Pour ceux qui s'interrogent sur le mal au coeur...

« Soufrant de trouble de l’équilibre, d’abord simplement pour admirer, car je pensais cela hors de portée, j’ai participé pour la première fois à un atelier de danse Derviche au hasard d’un weekend.  

Sans me fixer d’objectif, je me suis approché.
Jolie site en plein nature, musique entrainante, agréable, profonde et groupe hétéroclite composé de novices et de plus érudits, je me suis laissé guider pensant arrêter dès qu’il faudrait tourner.
 Les consignes m’ont tout de suite parlé : lâché prise, réapprendre, s’écouter… je me suis donc astreint à ne rien attendre, juste écouter chaque conseil, de placement des pieds, du regard, des mains, et me suis petit à petit senti en confiance, épaulé dans l’énergie de ce groupe capable de m’aider, de tous nous aider à avancer. 

Le rapport à la terre souvent évoqué m’a aussi donné force et confiance.  

La dernière partie, durant laquelle nous devions danser en tournant sur nous-même est arrivée. 
Alors main sur les épaules, pieds presque joints, regard à 45° je me suis lancé. Tout doucement, sans forcer, un tour puis un autre, me freinant comme au départ d’une longue course, pour ne pas m’épuiser.
Les tours se sont alors enchainés. Les techniques mentalisées se sont transformées en un élan inconscient, sorte de schéma moteur intégré ne nécessitant plus d’être conscientisé.
J’ai alors relevé mon regard, ouvert petit à petit mes bras pour aller chercher cette énergie du ciel, en bénéficier, et la transmettre à cette terre bienveillante, porteuse de stabilité. 

Et comme annoncé, ce défilé de paysage qui m’était refusé, s’est alors offert à moi, libéré de sensations de chute, de nausées, sans peur, sans déséquilibre. Quel plaisir de retrouver cette légèreté. Puis le musique a ralenti, ma vitesse aussi, jusqu’à doucement m’arrêter sans être incommodé. Merci. » 

Cyril, 22/06/2021

Immobilité intérieure de cette danse soufie

« …Dans l’apprentissage de la danse des derviches tourneurs, trouver son axe vertical autour duquel la jupe tourbillonne demande d’intégrer les règles intérieurement.

C’est trouver en soi, cette colonne stable et immobile qui nous ouvre à l’équilibre dans le mouvement.

Seules conditions : se libérer de ses émotions et taire son mental.
Toute pensée de peur ou de jugement nous met en péril de tomber d’autant plus si l’on tourne rapidement.
Le défi n’est cependant pas la vitesse, plutôt un lâcher prise total du corps, du cœur et de l’esprit comme une « offrande à son bien aimé » dirait Claire. Et au fil des tours, la rigidité de l’axe s’estompe pour laisser place à une colonne agile autour de laquelle corps, bras et tête s’expriment en toute liberté et grâce. Et le monde défile sans perturber le mouvement spiralé. 

Acquérir cette immobilité intérieure dans le mouvement passe indubitablement par le regard.
C’est à ce stade que l’alliage du travail de Claire et François prend toute son ampleur.
Claire apporte l’éclairage sur la danse des derviches tourneurs et les fondamentaux pour entrer corps et cœur dans cette pratique soufie.
François via la méthode Bates met en lumière le rôle des yeux.
Si le regard se pose, le mental suit.
Les yeux jouent un rôle fondamental dans l’équilibre interne et sur le système nerveux. Apprendre à focaliser son regard sans s’attacher à rien demande de changer une certaine forme de vision du monde : il n’est plus question en tournant de vouloir capter ou saisir le monde. Au contraire, le monde défile dans les yeux du derviche tourneur qui devient au fil des tours, totalement présent au monde.
L’état d’attention ou de vigilance devient au fil de la pratique présence et plénitude. exige cette qualité d’écoute du regard, un regard silencieux totalement réceptif.
Les deux approches conjointes de Claire et Francois ont cette optique commune : apprendre à concilier nos divergences internes, divergences reflétées par notre vision œil droit, œil gauche, pour peu à peu s’unifier intérieurement et s’unir au monde qui nous entoure… une vraie joie s’installe lorsque les autres danseurs tournoient autour de soi. Chacun son rythme. Chacun son axe. Et tous la même orientation, le divin en soi.»

Karine/ 07/2021

Témoignage au sujet des nuits soufis organisées chez nous à Manteyer à l'occasion de la nuit des noces et du solstice d'été :

"Dimanche dernier, sitôt réveillé, sitôt parti. Mais je tenais à te remercier pour cette belle nuit que tu nous as offert dans ce beau lieu que tu fais tourner, probablement, avec beaucoup d'amour. J'ai été impressionné par la facilité avec laquelle on s'y sent spontanément accueilli et comment il est aisé de s'y exprimer naturellement, sans peurs. Les musiciens étaient exceptionnels et nous ont enchanté, même les musiciens-ciennes additionnels étaient incroyables. Du coup j'ai eu envie de partager un poème de Yunus Emre, derviche qui vivait en Anatolie au 13ème siècle : « Qu'âmes soient sacrifiées pour toi... ».

Et de vous offrir cette très ancienne écoute que j'avais réalisée l'été 2015 :

« Courir sur le chemin de sa vie et l’embrasser à pleine dents, comme un amoureux des montagnes qui jaillit de par dessus les rives, frisson d’espoir en ce monde troublé, vertigineuse sensation au coeur de soi, oublier soi pour retrouver mon Soi dans sa puissance et sa majesté, découvrir la puissance dans la fragilité et unir les deux bouts dans un jaillissent continu comme une source vive intarissable, oublier le feu de la souffrance et le laisser s’enrouler dans la spirale de mon être, se laisser traverser par toutes ces spirales et courir la route de l’amour.
Marcher sur sa vie marcher sa vie comme les flocons tourbillonnent sur les cimes.
Prendre le tournant de ma vie comme une libellule insouciante et heureuse.
Franchir tous les tournants avec joie et confiance. Border et ourler sa vie de spirales traversantes du dedans au dehors et du dehors au dedans.
Franchir le chemin de sa maison intérieure, de se tunnel secret et plein, et traverser des espaces nouveaux dans un tourbillon de spirales. »

Hatice

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